Comment bien se faire rembourser ses soins dentaires et optiques grâce à une mutuelle performante

Comment bien se faire rembourser ses soins dentaires et optiques grâce à une mutuelle performante

Comment bien se faire rembourser ses soins dentaires et optiques grâce à une mutuelle performante

Les soins dentaires et optiques font partie des postes de dépenses santé les plus douloureux… pour le porte-monnaie. Couronne à 600 €, implant à 1 200 €, paire de lunettes à 450 € : celui qui n’a pas une mutuelle solide le découvre vite sur ses relevés de compte.

La bonne nouvelle, c’est qu’avec un contrat bien choisi, il est possible de réduire très fortement – voire de supprimer – son reste à charge sur ces postes. La mauvaise, c’est que les garanties dentaire et optique sont souvent les plus compliquées à lire dans un tableau de garanties.

Dans cet article, on va poser les bases de façon simple : comment fonctionnent les remboursements, ce qu’il faut regarder en priorité dans une mutuelle, et les pièges courants à éviter pour ne pas se retrouver avec une mauvaise surprise après un devis chez le dentiste ou l’opticien.

Pourquoi les soins dentaires et optiques restent mal remboursés

Avant de parler mutuelle, il faut comprendre pourquoi le remboursement de base par la Sécurité sociale est aussi faible sur ces postes.

Pour les soins dentaires :

  • La Sécurité sociale rembourse sur une base de remboursement (BR) très inférieure au prix réel, surtout pour les prothèses (couronnes, bridges, etc.).
  • Une couronne qui coûte 600 € peut être remboursée sur une base de 120 € seulement.
  • Résultat : même avec une mutuelle à 100 % ou 200 % de la BR, il reste encore beaucoup à payer si les prix sont élevés.

Pour l’optique :

  • Les montures et verres ont longtemps été très peu remboursés par la Sécurité sociale.
  • C’est la mutuelle qui fait (presque) tout le travail, via un forfait optique annuel par personne.
  • Là aussi, le prix en magasin dépasse souvent largement ce que propose un contrat d’entrée de gamme.

Le dispositif 100 % Santé (ou reste à charge zéro) a amélioré les choses :

  • En dentaire : certains soins (couronnes, bridges, dentiers) sont intégralement pris en charge si vous choisissez un dentiste 100 % Santé et des matériaux précis.
  • En optique : monture + verres 100 % Santé peuvent être entièrement remboursés, mais dans un choix limité de montures et de verres.

Le problème, c’est que ces paniers « 100 % Santé » ne couvrent pas tout : dès que l’on sort de ces gammes (esthétique, confort, implants, verres plus techniques…), le reste à charge peut redevenir très important. C’est là qu’une mutuelle performante fait toute la différence.

Rappel rapide : comment fonctionne le remboursement Sécurité sociale + mutuelle ?

Pour bien interpréter un devis, il faut garder en tête le schéma suivant :

1. Le dentiste ou l’opticien fixe son tarif : par exemple 600 € pour une couronne, 450 € pour des lunettes.

2. La Sécurité sociale applique sa base de remboursement (BR) :

  • Couronne dentaire : BR d’environ 120 € (variable selon le type de couronne).
  • Lunettes : BR très faible, souvent quelques euros, sauf pour certains cas particuliers.

3. Elle rembourse un pourcentage de cette base : en général 70 % de la BR, moins le forfait ou la participation forfaitaire quand il y en a.

4. La mutuelle complète selon les garanties prévues au contrat :

  • Soit en pourcentage de la BR (ex. : 200 %, 300 %, 500 % de la BR).
  • Soit en forfait (ex. : 400 € / an pour lunettes + monture).

Deux notions à bien distinguer :

  • 100 % du tarif de base ne signifie pas 100 % de la facture, mais 100 % de la BR.
  • Les dépassements d’honoraires et la part non couverte par la Sécurité sociale sont pris en charge, ou non, par votre mutuelle en fonction du niveau de garanties.

Une mutuelle performante en dentaire et optique est donc celle qui :

  • Propose des taux élevés (300 %, 400 %, 500 % de la BR) quand la BR est basse.
  • Ou prévoit des forfaits suffisants pour couvrir des prix réalistes sur le marché.
  • Et intègre bien le 100 % Santé sans vous enfermer dans ce seul panier.

Soins dentaires : ce que rembourse vraiment une bonne mutuelle

Dans un tableau de garanties, la ligne « Dentaire » est souvent divisée en plusieurs postes :

  • Soins courants (détartrage, caries, traitements).
  • Prothèses (couronnes, bridges, dentiers).
  • Implants (souvent en forfaits spécifiques).
  • Orthodontie (enfant / adulte).

Voici ce à quoi faire particulièrement attention.

1. Soins dentaires courants

Ils sont généralement remboursés sur la base de la Sécurité sociale avec des dépassements modérés.

  • Un contrat à 100 % ou 150 % BR est souvent suffisant pour ce poste.
  • Ce n’est pas là que se joue la grosse différence de reste à charge.

2. Prothèses dentaires (hors 100 % Santé)

C’est le gros morceau.

  • Visez une prise en charge de 200 % BR minimum si vous avez déjà des soucis dentaires ou des antécédents familiaux.
  • Pour les grandes villes où les prix sont élevés, on voit de plus en plus de contrats proposant du 300 % à 500 % BR.

Exemple concret :

  • Prix de la couronne : 600 €.
  • BR Sécurité sociale : 120 €.
  • Sécu rembourse 70 % de 120 € = 84 €.
  • Mutuelle 200 % BR : elle va compléter jusqu’à 200 % x 120 € = 240 € au total (Sécu + mutuelle). La mutuelle rembourse donc 240 € – 84 € = 156 €.
  • Reste à charge : 600 € – 240 € = 360 €.

On voit bien qu’avec 200 % BR, sur une couronne à 600 €, il reste encore une somme conséquente à payer. D’où l’intérêt, si vous savez que vous aurez plusieurs prothèses à poser, d’opter pour :

  • Une garantie plus élevée (300 % ou 400 % BR).
  • Ou un contrat qui combine pourcentage BR + forfait supplémentaire (ex. : 200 % BR + 200 € par prothèse).

3. Implants dentaires

Les implants ne sont pas remboursés par la Sécurité sociale (sauf cas très particuliers).

  • La mutuelle intervient souvent via un forfait par implant : par exemple 400 € / implant, limité à 1 ou 2 implants par an.
  • Les prix en cabinet oscillent fréquemment entre 1 000 € et 1 500 € par implant, hors prothèse posée dessus.

Là encore, si vous savez que vous aurez recours aux implants (par exemple sur avis de votre dentiste), privilégiez une mutuelle avec :

  • Un forfait implant suffisant (au moins 400/500 € par implant).
  • Et des plafonds annuels qui permettent d’en poser plusieurs si besoin.

4. Orthodontie

Pour les enfants, l’orthodontie est partiellement remboursée par la Sécurité sociale si les soins sont commencés avant 16 ans. Pour les adultes, c’est quasiment tout pour la mutuelle.

  • Regardez le forfait annuel par bénéficiaire (ex. : 400 € / an pour orthodontie).
  • Et le nombre d’années prises en charge (un traitement complet dure souvent 2 à 3 ans).

Optique : lunettes, lentilles, chirurgie, comment limiter la facture

Côté optique, la logique est différente : la plupart des contrats raisonnablement protecteurs fonctionnent au forfait.

1. Forfait lunettes (monture + verres)

Vous verrez fréquemment des lignes du type : « Lunettes (monture + verres) : 250 € / 2 ans ».

  • Ce forfait s’applique en général par personne sur une période de 1 ou 2 ans (vérifiez la fréquence de renouvellement).
  • Il peut être différencié selon le type de verres (simples, complexes, très complexes).

Pour apprécier si un forfait est suffisant, posez-vous une question très simple : « Combien m’ont coûté mes dernières lunettes ? »

  • Si vous êtes à 450 € la paire en moyenne, un forfait de 150 € sera clairement insuffisant.
  • Dans les grandes corrections, les verres peuvent représenter 300 à 400 € à eux seuls.

2. Lentilles de contact

Elles sont très peu remboursées par la Sécurité sociale, là aussi, c’est l’affaire de la mutuelle.

  • Regardez le forfait annuel lentilles, souvent de l’ordre de 50 à 200 € / an.
  • Vérifiez si le contrat distingue les lentilles « remboursables Sécu » et les lentilles « non remboursables ».

3. Chirurgie réfractive (myopie, hypermétropie, presbytie)

Cette chirurgie n’est pas prise en charge par la Sécurité sociale, mais de plus en plus de mutuelles proposent :

  • Un forfait par œil (par exemple 300 € / œil), limité à une fois dans la vie.
  • Ou un forfait global pour la chirurgie réfractive (ex. : 500 € tous les 5 ans).

Si vous envisagez d’y recourir, c’est un point à regarder de près au moment de choisir votre contrat.

Comment choisir une mutuelle performante pour le dentaire et l’optique

Choisir une mutuelle ne se fait pas « dans l’absolu », mais en fonction de votre situation et de vos projets :

  • Vous avez des enfants qui vont bientôt avoir besoin d’orthodontie ?
  • Vous portez des lunettes depuis longtemps avec une correction qui évolue ?
  • Votre dentiste vous parle déjà de prothèses ou d’implants ?

Voici les critères concrets à examiner.

1. Les niveaux de remboursement dentaire

  • Pour une personne sans problème particulier : 150 % à 200 % BR peuvent suffire.
  • Pour une personne avec historique dentaire chargé : viser 250 % à 400 % BR sur les prothèses.
  • Vérifiez les plafonds annuels : un contrat peut afficher 400 % BR mais limiter le dentaire à 600 € par an.

2. Les forfaits optiques

  • Comparez le forfait proposé avec le coût réel de vos lunettes (gardez votre dernière facture).
  • Regardez la période de renouvellement : tous les ans ou tous les 2 ans ?
  • Vérifiez si le forfait est différent pour les enfants (qui changent parfois de lunettes plus souvent).

3. Les délais de carence

Certains contrats prévoient des délai de carence sur le dentaire ou l’optique : vous payez la cotisation, mais certaines garanties ne sont pas actives tout de suite (3, 6 ou 12 mois).

  • Si vous avez un soin prévu rapidement (orthodontie, implant, grosses lunettes), évitez ces délais ou choisissez un contrat sans carence sur ces postes.

4. Les plafonds annuels par poste

Beaucoup de mutuelles imposent un plafond global sur le dentaire ou l’optique.

  • Par exemple : « Dentaire (hors 100 % Santé) limité à 1 000 € / an / personne ».
  • Ou : « Optique : plafond de 300 € / an ».

Cela signifie que même avec des taux de 400 % BR, votre remboursement total sur l’année ne pourra pas dépasser ce montant. Un point à vérifier absolument pour éviter les mauvaises surprises.

Les pièges fréquents à éviter dans les garanties dentaire et optique

Quelques formulaires de garanties sont rédigés de façon peu claire. Voici les pièges classiques.

1. « Jusqu’à X % » : méfiance

Quand un contrat affiche « jusqu’à 500 % BR en dentaire », il faut aller voir :

  • Sur quels types de soins ce taux s’applique (souvent seulement sur certaines prothèses).
  • Et sous quelles conditions (ancienneté du contrat, plafonds de la 1ʳᵉ année, etc.).

2. De gros pourcentages, mais une faible base de remboursement

Un 400 % BR sur une BR de 30 € ne fera jamais un gros remboursement. Regardez toujours :

  • La BR réelle du soin (dentiste, spécialiste, etc.).
  • Et la facture habituelle du praticien.

3. Plafonds dégressifs ou progressifs

Certains contrats prévoient des remboursements plus bas la première année, puis qui augmentent les années suivantes.

  • Exemple : 200 € de forfait dentaire la 1ʳᵉ année, 400 € la 2ᵉ, 600 € la 3ᵉ.
  • Si vous avez besoin de soins importants tout de suite, ce type de contrat n’est pas adapté.

4. Réseaux de soins imposés

De nombreuses mutuelles travaillent avec des réseaux de soins partenaires (dentistes, opticiens).

  • Avantage : tarifs négociés, meilleure prise en charge, parfois tiers payant intégral.
  • Inconvénient : moins de liberté de choix si vous êtes attaché à un praticien hors réseau.

Ce n’est pas forcément un point négatif, mais il faut le savoir et vérifier si vos professionnels habituels sont dans le réseau.

Cas pratiques : combien êtes-vous vraiment remboursé ?

Un exemple chiffré vaut souvent mieux qu’un long discours. Prenons deux situations typiques.

Cas n°1 : une couronne dentaire à 700 €

  • Prix facturé par le dentiste : 700 €.
  • BR Sécurité sociale : 120 €.
  • Sécu rembourse 70 % de 120 € = 84 €.
  • Votre mutuelle : 300 % BR en prothèse dentaire.

300 % BR signifie que le total Sécu + mutuelle peut aller jusqu’à 300 % x 120 € = 360 €.

  • La mutuelle rembourse donc 360 € – 84 € (Sécu) = 276 €.
  • Reste à charge pour vous : 700 € – 360 € = 340 €.

Avec une mutuelle à 200 % BR, le total Sécu + mutuelle serait limité à 240 €, votre reste à charge monterait à 460 €.

Cas n°2 : lunettes à 450 € (monture + verres)

  • Prix en magasin : 450 €.
  • Sécurité sociale : base très faible, par exemple 2,84 € + 10,29 €.
  • Remboursement Sécu : environ 12 €, arrondis.
  • Votre mutuelle : forfait optique de 250 € / 2 ans.

La mutuelle verse 250 €. Au total, vous récupérez environ 262 € (Sécu + mutuelle) sur une facture de 450 €.

  • Reste à charge : 450 € – 262 € ≈ 188 €.

Avec un forfait de 400 €, votre reste à charge serait quasiment nul. Ces exemples montrent pourquoi il est crucial de comparer les montants concrets aux prix réellement pratiqués chez vos professionnels de santé.

Checklist avant de signer votre contrat de mutuelle

Pour transformer toutes ces informations en action, voici une série de questions simples à vous poser – ou à poser à votre assureur – avant de choisir une mutuelle pour optimiser vos remboursements dentaire et optique :

  • Quels soins dentaires ai-je déjà faits ces dernières années (prothèses, soins lourds, implants) et lesquels sont prévisibles à court terme ?
  • Ma mutuelle actuelle rembourse-t-elle les prothèses sur la base de 100 %, 200 %, 300 % BR ou plus ? Avec quels plafonds annuels ?
  • Les implants dentaires sont-ils couverts, et si oui, à quel niveau (forfait par implant, plafond annuel, délai de carence) ?
  • Mes enfants auront-ils besoin d’orthodontie prochainement ? Quel est le forfait annuel prévu pour l’orthodontie enfant / adulte ?
  • Combien m’ont coûté mes dernières lunettes (facture à l’appui) et comment ce montant se compare-t-il au forfait optique proposé par le contrat ?
  • Le forfait optique est-il valable tous les ans ou tous les 2 ans ? Est-il différent pour les enfants ?
  • Le contrat inclut-il une prise en charge, même partielle, de la chirurgie réfractive (myopie, presbytie, etc.) ?
  • Existe-t-il un délai de carence sur le dentaire ou l’optique, et si oui, de combien de temps ? Cela correspond-il à la date prévue de mes soins ?
  • Y a-t-il un réseau de soins partenaires (dentistes, opticiens) et mes professionnels habituels en font-ils partie ?
  • Quel est le plafond annuel global pour le dentaire et pour l’optique, tous soins confondus ?

En répondant honnêtement à ces questions, vous verrez rapidement si votre contrat actuel est adapté à vos besoins réels ou s’il est temps d’envisager une mutuelle plus performante pour protéger à la fois votre santé… et votre budget.