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Démission mutuelle entreprise : conservez‑vous vos droits santé après votre départ volontaire ?

Démission mutuelle entreprise : conservez‑vous vos droits santé après votre départ volontaire ?

Démission mutuelle entreprise : conservez‑vous vos droits santé après votre départ volontaire ?

Quitter son job… et sa mutuelle d’entreprise : que devient votre couverture santé ?

Vous avez décidé de démissionner. Nouveau projet, envie de changement, ras-le-bol du boulot actuel… mais une question vous trotte dans la tête : « Et ma mutuelle d’entreprise, je la garde ou pas ? »

La réponse dépend en grande partie du type de départ et de votre situation face à l’assurance chômage. Dans certains cas, vous conservez vos garanties gratuitement pendant plusieurs mois. Dans d’autres, la mutuelle s’arrête le jour même de votre départ.

On va voir ensemble, de manière très concrète :

Mutuelle d’entreprise et portabilité : comment ça fonctionne en temps normal ?

Avant de parler démission, il faut comprendre le principe de base : la portabilité de la mutuelle d’entreprise.

Depuis 2014, tout salarié qui quitte son entreprise peut, sous certaines conditions, continuer à bénéficier gratuitement de la mutuelle collective, pendant une durée maximale de 12 mois.

Les conditions pour en profiter sont les suivantes :

Concrètement, si vous remplissez ces conditions, vous gardez :

Exemple : vous avez travaillé 5 ans dans l’entreprise, vous êtes en CDI, vous partez via une rupture conventionnelle. Vous avez droit à 12 mois de portabilité, car on est au plafond légal. Pendant cette période, vous ne versez plus de cotisation, mais vous restez couvert comme si vous étiez encore salarié.

Vous voyez déjà venir le problème : en cas de démission, ce n’est pas la même histoire.

Démission « classique » : pas de portabilité, pas de maintien gratuit

La démission, dans sa forme la plus courante, ne donne pas droit à l’allocation chômage (ARE) immédiatement. Or c’est justement l’un des critères indispensables pour bénéficier de la portabilité de la mutuelle d’entreprise.

Conséquence directe : en cas de démission simple, non légitime, vous ne pouvez pas bénéficier de la portabilité.

Autrement dit, sauf cas particulier prévu par votre accord d’entreprise (c’est rare) :

Imaginons : vous démissionnez, votre dernier jour est le 30 avril. Votre couverture mutuelle s’arrêtera en principe au 30 avril à minuit. Si vous avez une hospitalisation le 2 mai ou que vous devez acheter des lunettes à ce moment-là, la mutuelle d’entreprise ne remboursera plus rien.

Seule la Sécurité sociale interviendra, sur la base de ses propres tarifs (souvent bien inférieurs aux montants facturés). L’écart restera à votre charge, intégralement.

Le cas particulier des démissions « légitimes » : quand la portabilité redevient possible

Il existe toutefois un cas important à connaître : la démission légitime. Dans certains cas bien précis, une démission peut être reconnue comme légitime par Pôle emploi, et ouvrir droit à l’allocation chômage. Et qui dit allocation chômage dit, potentiellement, droit à la portabilité de la mutuelle.

Quelques exemples de démissions légitimes (liste non exhaustive) :

Dans ces cas-là, si Pôle emploi reconnaît votre démission comme légitime et vous ouvre des droits à l’ARE, vous pouvez en principe prétendre à la portabilité de votre mutuelle d’entreprise.

Deux points importants :

Si vous pensez être dans ce cas, il est essentiel de :

Pendant le préavis : êtes-vous toujours couvert ?

Tant que votre contrat de travail est en cours, y compris pendant le préavis, vous restez en principe affilié à la mutuelle d’entreprise.

Que le préavis soit :

Dans ces trois cas, tant que la relation de travail existe toujours, vous continuez à :

La rupture effective du contrat (et donc la fin de votre couverture) intervient à la date de fin de contrat mentionnée sur votre solde de tout compte.

Attention donc à la période qui suit juste après : c’est souvent là que l’on se retrouve, sans s’en rendre compte, sans mutuelle.

Peut-on garder sa mutuelle d’entreprise en payant soi-même après une démission ?

C’est une question fréquente : « Je n’ai pas droit à la portabilité, mais est-ce que je peux quand même garder ma mutuelle d’entreprise en la payant à 100 % ? »

Dans la plupart des cas, non.

Le maintien payant après la rupture du contrat existe surtout dans un cadre bien précis : la loi Evin, qui concerne notamment :

Un salarié qui démissionne ne rentre pas, en règle générale, dans ces dispositifs de maintien payant obligatoire. L’assureur peut théoriquement proposer une offre individuelle, mais ce ne sera plus la même mutuelle collective, aux mêmes conditions, ni au même tarif.

Concrètement, après une démission « classique » :

Les risques à rester sans mutuelle après une démission

On pourrait être tenté de se dire : « Je vais rester quelques mois sans mutuelle, le temps de retrouver un job ». Sur le papier, c’est une façon d’économiser. Dans les faits, c’est souvent un mauvais calcul.

Rappel important : la Sécurité sociale ne rembourse qu’une partie des frais de santé, sur des bases de remboursement souvent très basses. Sans mutuelle, le reste est entièrement pour vous.

Quelques exemples concrets :

Le problème avec la santé, c’est que l’imprévu est la norme. On ne choisit pas le moment d’un accident de sport, d’une rage de dent ou d’une appendicite.

Résultat : économiser 30, 40 ou 50 € de mutuelle par mois peut se transformer en une facture de plusieurs centaines, voire milliers d’euros en quelques jours.

Quelles solutions après une démission pour rester couvert ?

La démission coupe généralement vos droits à la mutuelle d’entreprise, mais elle ne vous condamne pas à rester sans couverture. Plusieurs solutions existent, à adapter selon votre situation.

Rejoindre la mutuelle de votre conjoint

Si votre conjoint (ou partenaire de PACS) bénéficie d’une mutuelle d’entreprise, vérifiez s’il est possible de vous inscrire comme ayant droit.

Points à vérifier :

C’est souvent une solution intéressante financièrement, en particulier si :

Souscrire une mutuelle individuelle (temporaire ou non)

Si vous êtes seul, ou si la mutuelle du conjoint ne convient pas, la solution classique reste la mutuelle individuelle.

Ce qu’il faut avoir en tête :

Exemple : un célibataire de 30 ans, sans problème de santé particulier, peut trouver une mutuelle entrée de gamme autour de 20 à 30 € par mois pour couvrir au minimum :

Ce n’est pas le grand luxe, mais cela évite de se retrouver totalement découvert en cas de pépin.

Vérifier votre éligibilité à la Complémentaire santé solidaire (CSS)

Si vos revenus sont faibles (ou vont le devenir après la démission), pensez aussi à la Complémentaire santé solidaire (CSS, ex-CMU-C et ACS).

Selon votre niveau de ressources, la CSS peut être :

Elle offre une couverture correcte, notamment sur :

Si vous anticipez une baisse durable de revenus (projet de reconversion, formation longue, etc.), c’est une piste importante à explorer.

Anticiper : que faire avant de démissionner ?

La meilleure façon de ne pas se retrouver découvert, c’est de préparer votre départ. Quelques réflexes simples peuvent vous épargner de mauvaises surprises.

Avant d’envoyer votre lettre de démission, prenez le temps de :

Dans certains cas, il peut être judicieux de :

Checklist rapide avant de quitter votre entreprise en démissionnant

Pour transformer toutes ces informations en actions concrètes, voici une checklist à parcourir avant de démissionner :

En résumé, démission et mutuelle d’entreprise ne font pas toujours bon ménage, surtout dans le cas d’une démission « classique ». Mais avec un peu d’anticipation et les bons réflexes, vous pouvez éviter le piège de la rupture de couverture et garder l’essentiel : une santé protégée, et un budget maîtrisé.

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