Mutuelle individuelle ou complémentaire santé d’entreprise : comment faire le bon choix ?
Depuis 2016, la plupart des salariés du privé disposent d’une complémentaire santé d’entreprise obligatoire. Résultat : beaucoup de personnes se demandent s’il est encore utile de garder leur ancienne mutuelle individuelle, ou au contraire, s’il ne vaudrait pas mieux la résilier pour ne payer qu’un seul contrat.
Sur le papier, la mutuelle d’entreprise paraît souvent plus avantageuse : elle est subventionnée par l’employeur et le tarif est généralement attractif. Mais en pratique, tout dépend de votre situation : niveau de garanties, composition de la famille, problèmes de santé, projets (lunettes, orthodontie des enfants, prothèses dentaires, etc.).
Dans cet article, on va passer en revue les points clés pour comparer mutuelle individuelle et complémentaire santé d’entreprise, et voir dans quels cas il est préférable de :
Objectif : que vous sachiez, très concrètement, ce qui vous remboursera le mieux… sans faire exploser votre budget.
Mutuelle d’entreprise : comment ça fonctionne vraiment ?
La complémentaire santé d’entreprise est un contrat collectif mis en place par l’employeur. Elle est :
Cela signifie que vous ne partez jamais de zéro : même sur un contrat d’entreprise “basique”, vous avez un niveau de protection minimum. Mais attention : ce niveau minimum est parfois loin de couvrir vos réels besoins.
Par exemple, le panier minimum impose notamment :
Concrètement, si vous consultez un généraliste secteur 1 à 26,50 € remboursé sur la base de 25 €, le ticket modérateur est couvert. En revanche, pour un spécialiste secteur 2 à 70 €, avec dépassement d’honoraires, le contrat “minimum légal” peut vite montrer ses limites.
Mutuelle individuelle : dans quels cas reste-t-elle intéressante ?
La mutuelle individuelle est un contrat que vous souscrivez à titre personnel, en dehors de votre employeur. Vous la choisissez vous-même, en fonction de vos besoins, avec une grande marge de manœuvre sur :
Elle peut rester très intéressante dans plusieurs cas :
1. Vous n’êtes pas salarié du privé (indépendant, fonctionnaire, demandeur d’emploi, retraité…).
Dans ce cas, vous n’avez tout simplement pas accès à une complémentaire d’entreprise obligatoire, donc la mutuelle individuelle reste votre outil principal pour être bien remboursé.
2. Vous êtes salarié, mais avec des besoins très élevés en santé (affections de longue durée, lourds frais dentaires prévus, lunettes fréquentes chez plusieurs enfants, etc.).
La mutuelle d’entreprise propose rarement des niveaux de remboursement très élevés sur tous les postes. Elle est pensée pour convenir à la majorité, pas pour optimiser les cas les plus exigeants. Une mutuelle individuelle “sur-mesure” peut alors être plus adaptée qu’un simple socle d’entreprise, ou venir en renfort sous forme de surcomplémentaire.
3. Vous avez une ancienne mutuelle très protectrice avec d’excellentes garanties.
Certains assurés ont, par exemple, un vieux contrat individuel avec :
Dans ces cas, la mutuelle d’entreprise peut apparaître comme un recul en termes de remboursement. La question sera alors : garder les deux contrats, ou ne conserver que la meilleure, selon le coût total et vos priorités.
Mutuelle d’entreprise : les vrais avantages à ne pas sous-estimer
Lorsqu’on compare mutuelle individuelle et contrat collectif, il faut rappeler un avantage clé : le coût réel pour le salarié.
Imaginez :
Même si les garanties sont assez proches, le contrat d’entreprise est souvent imbattable en rapport garanties/prix, justement parce qu’il est cofinancé.
Autres avantages concrets :
Pour la majorité des salariés sans besoins de santé spécifiques, la complémentaire d’entreprise suffit largement.
Quand la mutuelle d’entreprise ne suffit pas : cas pratiques
Regardons quelques situations très concrètes où la mutuelle d’entreprise peut montrer ses limites, et où une mutuelle individuelle ou une surcomplémentaire devient pertinente.
Cas n°1 : lunettes pour deux enfants + parents porteurs de lunettes
Imaginons une famille avec :
Sur de nombreux contrats d’entreprise “standard”, vous verrez par exemple :
Or, une paire de lunettes correcte chez un opticien traditionnel peut facilement coûter 300 € à 400 € par personne.
Dans ce cas :
Une mutuelle individuelle bien adaptée, ou une surcomplémentaire spécialisée optique, pourrait vous faire passer d’un reste à charge de 200 € par personne à 50 € ou moins, moyennant une surprime mensuelle peut-être largement compensée par les économies réalisées.
Cas n°2 : gros travaux dentaires prévus
Prothèses, couronnes, implants : c’est le poste qui fait très vite mal au portefeuille.
Exemple : une couronne facturée 600 €, base de remboursement Sécurité sociale (BRSS) à 120 €.
Avec une mutuelle individuelle ou un renfort dentaire à 400 % BRSS, le même calcul donnerait :
La différence est très nette quand plusieurs couronnes ou implants sont prévus.
Mutuelle d’entreprise + surcomplémentaire : un combo souvent malin
Si votre mutuelle d’entreprise est obligatoire, vous n’êtes pas obligé de choisir entre “tout garder” et “tout résilier”. Il existe une voie intermédiaire : la surcomplémentaire santé.
Le principe :
Vous êtes remboursé en deux temps :
Ce montage est intéressant si :
Attention cependant à vérifier :
Peut-on refuser ou résilier la mutuelle d’entreprise ?
Beaucoup de salariés aimeraient parfois conserver uniquement leur ancienne mutuelle individuelle, qu’ils jugent meilleure, et ne pas adhérer à la complémentaire d’entreprise. Dans la plupart des cas, ce n’est pas possible, car l’adhésion est obligatoire.
Il existe cependant des cas de dispense d’adhésion prévus par la loi, par exemple :
Si vous êtes dans l’un de ces cas, vous pouvez demander à ne pas adhérer à la mutuelle d’entreprise, mais ce n’est pas automatique : ces dispenses doivent être listées dans l’acte fondateur du régime (décision unilatérale de l’employeur, accord collectif, etc.) et vous devrez fournir des justificatifs.
Côté résiliation, vous pouvez quitter la mutuelle d’entreprise :
À votre départ, vous pouvez parfois bénéficier de la portabilité des droits (maintien temporaire de la mutuelle d’entreprise) sous certaines conditions, ou basculer sur un contrat individuel spécifique “retraité”, souvent plus cher.
Comment comparer concrètement les deux solutions ?
Pour ne pas se perdre dans les pourcentages et les promesses marketing, l’idéal est de partir de votre réalité :
Puis, mettez en face des devis réels ou simulés de votre mutuelle individuelle et de la complémentaire d’entreprise.
Par exemple, prenez une facture type :
Demandez à votre assureur (ou utilisez un simulateur en ligne) pour voir :
C’est ce calcul, euro par euro, qui vous dira vraiment ce qui est le plus intéressant pour votre situation, et pas un discours théorique.
Mutuelle ou complémentaire d’entreprise : les bons réflexes à adopter
Au moment de choisir entre mutuelle individuelle et complémentaire santé d’entreprise (ou de décider de les cumuler), quelques réflexes simples permettent d’éviter les mauvaises surprises :
Dernier point : ne sous-estimez pas le confort d’une bonne prise en charge hospitalisation. Peu de gens y pensent, jusqu’au jour où une nuit aux urgences ou une opération programmée arrive, avec des dépassements d’honoraires élevés et une chambre particulière en supplément.
Checklist : les questions à se poser avant de trancher
Pour vous aider à transformer toutes ces informations en action concrète, voici une série de questions à vous poser avant de décider entre mutuelle individuelle, mutuelle d’entreprise seule ou combo avec surcomplémentaire :
En répondant honnêtement à ces questions, avec éventuellement l’appui de devis personnalisés, vous aurez une vision beaucoup plus claire de ce qu’il faut privilégier pour être vraiment bien remboursé : la mutuelle individuelle, la complémentaire santé d’entreprise… ou une combinaison intelligente des deux.