Mutuelle ou complémentaire santé d’entreprise, que faut-il privilégier pour être bien remboursé

Mutuelle ou complémentaire santé d’entreprise, que faut-il privilégier pour être bien remboursé

Mutuelle ou complémentaire santé d’entreprise, que faut-il privilégier pour être bien remboursé

Mutuelle individuelle ou complémentaire santé d’entreprise : comment faire le bon choix ?

Depuis 2016, la plupart des salariés du privé disposent d’une complémentaire santé d’entreprise obligatoire. Résultat : beaucoup de personnes se demandent s’il est encore utile de garder leur ancienne mutuelle individuelle, ou au contraire, s’il ne vaudrait pas mieux la résilier pour ne payer qu’un seul contrat.

Sur le papier, la mutuelle d’entreprise paraît souvent plus avantageuse : elle est subventionnée par l’employeur et le tarif est généralement attractif. Mais en pratique, tout dépend de votre situation : niveau de garanties, composition de la famille, problèmes de santé, projets (lunettes, orthodontie des enfants, prothèses dentaires, etc.).

Dans cet article, on va passer en revue les points clés pour comparer mutuelle individuelle et complémentaire santé d’entreprise, et voir dans quels cas il est préférable de :

  • Garder uniquement la mutuelle d’entreprise
  • Compléter la mutuelle d’entreprise avec une surcomplémentaire
  • Refuser ou quitter la mutuelle d’entreprise (dans les rares cas où c’est possible)
  • Conserver une mutuelle individuelle (salarié, conjoint, retraité…)
  • Objectif : que vous sachiez, très concrètement, ce qui vous remboursera le mieux… sans faire exploser votre budget.

    Mutuelle d’entreprise : comment ça fonctionne vraiment ?

    La complémentaire santé d’entreprise est un contrat collectif mis en place par l’employeur. Elle est :

  • Obligatoire pour les salariés (sauf cas de dispense prévus par la loi)
  • Financée au minimum à 50 % par l’employeur
  • Soumise à un socle minimal de garanties (panier de soins ANI)
  • Cela signifie que vous ne partez jamais de zéro : même sur un contrat d’entreprise “basique”, vous avez un niveau de protection minimum. Mais attention : ce niveau minimum est parfois loin de couvrir vos réels besoins.

    Par exemple, le panier minimum impose notamment :

  • La prise en charge du ticket modérateur pour les consultations, actes, et prestations remboursés par l’Assurance maladie (hors dépassements d’honoraires)
  • Un forfait hospitalier remboursé en intégralité, sans limite de durée
  • Un certain niveau de prise en charge pour les prothèses dentaires et l’optique, mais pas forcément suffisant si vous avez de gros besoins
  • Concrètement, si vous consultez un généraliste secteur 1 à 26,50 € remboursé sur la base de 25 €, le ticket modérateur est couvert. En revanche, pour un spécialiste secteur 2 à 70 €, avec dépassement d’honoraires, le contrat “minimum légal” peut vite montrer ses limites.

    Mutuelle individuelle : dans quels cas reste-t-elle intéressante ?

    La mutuelle individuelle est un contrat que vous souscrivez à titre personnel, en dehors de votre employeur. Vous la choisissez vous-même, en fonction de vos besoins, avec une grande marge de manœuvre sur :

  • Le niveau de garanties (entrée, milieu, haut de gamme)
  • Les postes prioritaires (optique, dentaire, hospitalisation, médecines douces…)
  • Les renforts spécifiques (chirurgie réfractive, orthodontie adulte, etc.)
  • Elle peut rester très intéressante dans plusieurs cas :

    1. Vous n’êtes pas salarié du privé (indépendant, fonctionnaire, demandeur d’emploi, retraité…).

    Dans ce cas, vous n’avez tout simplement pas accès à une complémentaire d’entreprise obligatoire, donc la mutuelle individuelle reste votre outil principal pour être bien remboursé.

    2. Vous êtes salarié, mais avec des besoins très élevés en santé (affections de longue durée, lourds frais dentaires prévus, lunettes fréquentes chez plusieurs enfants, etc.).

    La mutuelle d’entreprise propose rarement des niveaux de remboursement très élevés sur tous les postes. Elle est pensée pour convenir à la majorité, pas pour optimiser les cas les plus exigeants. Une mutuelle individuelle “sur-mesure” peut alors être plus adaptée qu’un simple socle d’entreprise, ou venir en renfort sous forme de surcomplémentaire.

    3. Vous avez une ancienne mutuelle très protectrice avec d’excellentes garanties.

    Certains assurés ont, par exemple, un vieux contrat individuel avec :

  • Un haut niveau en prothèses dentaires (400 % ou 500 % BRSS)
  • Des forfaits optique élevés (300 € à 500 € tous les 2 ans)
  • Des prises en charge de médecines douces étendues (ostéopathie, psychologue, etc.)
  • Dans ces cas, la mutuelle d’entreprise peut apparaître comme un recul en termes de remboursement. La question sera alors : garder les deux contrats, ou ne conserver que la meilleure, selon le coût total et vos priorités.

    Mutuelle d’entreprise : les vrais avantages à ne pas sous-estimer

    Lorsqu’on compare mutuelle individuelle et contrat collectif, il faut rappeler un avantage clé : le coût réel pour le salarié.

    Imaginez :

  • Votre mutuelle d’entreprise coûte 60 € par mois, dont 30 € payés par l’employeur et 30 € à votre charge
  • Une mutuelle individuelle équivalente vous coûterait 55 € à 65 € par mois pour vous seul
  • Même si les garanties sont assez proches, le contrat d’entreprise est souvent imbattable en rapport garanties/prix, justement parce qu’il est cofinancé.

    Autres avantages concrets :

  • Aucune sélection médicale : pas de questionnaire de santé, pas de surprime liée à un problème médical passé
  • Tarif “de groupe” souvent plus avantageux qu’un contrat isolé
  • Gestion simplifiée : affiliation automatique à l’embauche, lien direct avec l’entreprise, télétransmission souvent bien rodée
  • Pour la majorité des salariés sans besoins de santé spécifiques, la complémentaire d’entreprise suffit largement.

    Quand la mutuelle d’entreprise ne suffit pas : cas pratiques

    Regardons quelques situations très concrètes où la mutuelle d’entreprise peut montrer ses limites, et où une mutuelle individuelle ou une surcomplémentaire devient pertinente.

    Cas n°1 : lunettes pour deux enfants + parents porteurs de lunettes

    Imaginons une famille avec :

  • 2 adultes avec une correction moyenne
  • 2 enfants qui changent de lunettes tous les 2 ans
  • Sur de nombreux contrats d’entreprise “standard”, vous verrez par exemple :

  • Forfait optique de 100 à 150 € par équipement (monture + verres) tous les 2 ans
  • Or, une paire de lunettes correcte chez un opticien traditionnel peut facilement coûter 300 € à 400 € par personne.

    Dans ce cas :

  • L’Assurance maladie rembourse très peu sur les lunettes (sauf cas particuliers)
  • La mutuelle d’entreprise bat déjà son plein avec son petit forfait
  • Le reste à charge pour vous est important, surtout si tout le monde est équipé
  • Une mutuelle individuelle bien adaptée, ou une surcomplémentaire spécialisée optique, pourrait vous faire passer d’un reste à charge de 200 € par personne à 50 € ou moins, moyennant une surprime mensuelle peut-être largement compensée par les économies réalisées.

    Cas n°2 : gros travaux dentaires prévus

    Prothèses, couronnes, implants : c’est le poste qui fait très vite mal au portefeuille.

    Exemple : une couronne facturée 600 €, base de remboursement Sécurité sociale (BRSS) à 120 €.

  • La Sécu rembourse 70 % de 120 €, soit 84 €
  • Votre mutuelle d’entreprise, à 200 % BRSS, va rembourser jusqu’à 240 € (200 % de 120 €), Sécu incluse
  • Donc mutuelle = 240 € – 84 € déjà payés par la Sécu = 156 €
  • Votre reste à charge final : 600 € – 84 € – 156 € = 360 €
  • Avec une mutuelle individuelle ou un renfort dentaire à 400 % BRSS, le même calcul donnerait :

  • Plafond mutuelle = 4 x 120 € = 480 € (Sécu incluse)
  • Part mutuelle = 480 € – 84 € (Sécu) = 396 €
  • Reste à charge = 600 € – 84 € – 396 € = 120 €
  • La différence est très nette quand plusieurs couronnes ou implants sont prévus.

    Mutuelle d’entreprise + surcomplémentaire : un combo souvent malin

    Si votre mutuelle d’entreprise est obligatoire, vous n’êtes pas obligé de choisir entre “tout garder” et “tout résilier”. Il existe une voie intermédiaire : la surcomplémentaire santé.

    Le principe :

  • Vous conservez votre mutuelle d’entreprise (obligatoire)
  • Vous souscrivez une surcomplémentaire individuelle qui vient compléter les remboursements de la première, sur certains postes clés
  • Vous êtes remboursé en deux temps :

  • La Sécurité sociale verse sa part
  • La mutuelle d’entreprise prend le relais
  • La surcomplémentaire ajoute un niveau de remboursement supplémentaire
  • Ce montage est intéressant si :

  • Votre employeur propose un contrat correct mais un peu juste en optique ou dentaire
  • Vous anticipez des dépenses importantes sur 2-3 ans (orthodontie enfant, implants, chirurgie des yeux…)
  • Vous ne voulez pas renoncer à la participation financière de l’employeur
  • Attention cependant à vérifier :

  • Les plafonds annuels de remboursement (tous contrats confondus)
  • Les délais de carence éventuels sur la surcomplémentaire
  • Le fait que les garanties de la surcomplémentaire s’additionnent bien et ne se contentent pas de “doubler” le même plafond
  • Peut-on refuser ou résilier la mutuelle d’entreprise ?

    Beaucoup de salariés aimeraient parfois conserver uniquement leur ancienne mutuelle individuelle, qu’ils jugent meilleure, et ne pas adhérer à la complémentaire d’entreprise. Dans la plupart des cas, ce n’est pas possible, car l’adhésion est obligatoire.

    Il existe cependant des cas de dispense d’adhésion prévus par la loi, par exemple :

  • Vous étiez déjà en CDI avant la mise en place du dispositif, et un accord vous permet de refuser
  • Vous êtes en CDD de courte durée (inférieur à un certain seuil) ou en contrat très partiel
  • Vous êtes déjà couvert par la mutuelle obligatoire de votre conjoint
  • Vous bénéficiez de la Complémentaire santé solidaire (CSS)
  • Si vous êtes dans l’un de ces cas, vous pouvez demander à ne pas adhérer à la mutuelle d’entreprise, mais ce n’est pas automatique : ces dispenses doivent être listées dans l’acte fondateur du régime (décision unilatérale de l’employeur, accord collectif, etc.) et vous devrez fournir des justificatifs.

    Côté résiliation, vous pouvez quitter la mutuelle d’entreprise :

  • Lorsque vous quittez l’entreprise (démission, licenciement, retraite, fin de CDD)
  • En cas de modification importante du contrat (hausse forte de cotisations, baisse des garanties), si un droit de résiliation a été prévu
  • À votre départ, vous pouvez parfois bénéficier de la portabilité des droits (maintien temporaire de la mutuelle d’entreprise) sous certaines conditions, ou basculer sur un contrat individuel spécifique “retraité”, souvent plus cher.

    Comment comparer concrètement les deux solutions ?

    Pour ne pas se perdre dans les pourcentages et les promesses marketing, l’idéal est de partir de votre réalité :

  • Quelles dépenses de santé avez-vous eues sur les 2 dernières années ?
  • Quelles dépenses pouvez-vous anticiper sur les 2 prochaines (lunettes, orthodontie, prothèses, hospitalisation possible…) ?
  • Puis, mettez en face des devis réels ou simulés de votre mutuelle individuelle et de la complémentaire d’entreprise.

    Par exemple, prenez une facture type :

  • Consultation spécialiste secteur 2 à 70 €
  • Couronne dentaire à 600 €
  • Paire de lunettes à 350 €
  • Demandez à votre assureur (ou utilisez un simulateur en ligne) pour voir :

  • Quel serait le remboursement avec la mutuelle d’entreprise seule
  • Quel serait le remboursement avec votre mutuelle individuelle seule
  • Quel serait le remboursement avec mutuelle d’entreprise + surcomplémentaire
  • C’est ce calcul, euro par euro, qui vous dira vraiment ce qui est le plus intéressant pour votre situation, et pas un discours théorique.

    Mutuelle ou complémentaire d’entreprise : les bons réflexes à adopter

    Au moment de choisir entre mutuelle individuelle et complémentaire santé d’entreprise (ou de décider de les cumuler), quelques réflexes simples permettent d’éviter les mauvaises surprises :

  • Ne regardez pas uniquement la cotisation mensuelle : un contrat 10 € moins cher peut vous coûter 500 € de plus par an en reste à charge.
  • Zoom sur les postes clefs : optique, dentaire, hospitalisation, dépassements d’honoraires. Ce sont eux qui font souvent la différence.
  • Vérifiez les plafonds annuels : un très bon pourcentage (300 %, 400 %) avec un plafond annuel faible peut être trompeur.
  • Regardez les délais de carence : surtout si vous avez des soins programmés à court terme.
  • Pensez à la famille : un contrat très intéressant pour vous seul ne le sera pas forcément avec 2 ou 3 ayants droit en plus.
  • Dernier point : ne sous-estimez pas le confort d’une bonne prise en charge hospitalisation. Peu de gens y pensent, jusqu’au jour où une nuit aux urgences ou une opération programmée arrive, avec des dépassements d’honoraires élevés et une chambre particulière en supplément.

    Checklist : les questions à se poser avant de trancher

    Pour vous aider à transformer toutes ces informations en action concrète, voici une série de questions à vous poser avant de décider entre mutuelle individuelle, mutuelle d’entreprise seule ou combo avec surcomplémentaire :

  • Quel est le coût réel de ma mutuelle d’entreprise pour moi (part salarié uniquement) ?
  • Combien me coûterait une mutuelle individuelle équivalente, sans aide de l’employeur ?
  • Quels sont mes postes de dépenses de santé prioritaires (optique, dentaire, hospitalisation, dépassements d’honoraires, médecines douces…) ?
  • La mutuelle d’entreprise couvre-t-elle correctement ces postes, ou reste-t-elle “basique” ?
  • Ai-je des dépenses de santé importantes prévues dans les 12 à 24 prochains mois (lunettes, orthodontie, prothèses, chirurgie) ?
  • Ma famille (conjoint, enfants) est-elle couverte par ma mutuelle d’entreprise, par la sienne, ou via un autre contrat ?
  • Ai-je droit à une dispense d’adhésion à la mutuelle d’entreprise, et est-ce réellement avantageux de l’utiliser ?
  • Une surcomplémentaire ciblée (dentaire, optique, hospitalisation) me permettrait-elle de réduire fortement mon reste à charge pour un coût raisonnable ?
  • Mon ancienne mutuelle individuelle propose-t-elle encore un vrai plus par rapport à la mutuelle d’entreprise, une fois le prix mis en face des garanties ?
  • En cas de changement de situation (déménagement, nouvelle entreprise, retraite), quelles seront les conséquences sur ma couverture santé ?
  • En répondant honnêtement à ces questions, avec éventuellement l’appui de devis personnalisés, vous aurez une vision beaucoup plus claire de ce qu’il faut privilégier pour être vraiment bien remboursé : la mutuelle individuelle, la complémentaire santé d’entreprise… ou une combinaison intelligente des deux.